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  • Karim

Dernière mise à jour : 4 mai 2020


Image: @guillermolorcagarcia


À Lui nous sommes, et à Lui nous retournons... Ça y est. Tu n’es plus le fils de personne. C’est une partie de toi qui ne se racontera plus qu’au passé. Je t’ai vu traverser des morceaux de vie avec du poids sur les épaules, pris dans le creux de certaines vagues, au point que le calme de la mer semblait un rêve lointain. Je t’ai regardé tenir debout quand j’avais déjà un genou à terre, et de ta bouche, j’ai entendu sortir des paroles sages au milieu de meutes qui aboient. Je t’ai vu dans tes colères, et ça ne te rendait que plus humain. Pourtant, cette voix lente et fatiguée, je crois que c’est la première fois qu’elle me parvient de toi. Ça fait drôle. Mon coeur s’est fendu quand on m’a appris la nouvelle. Et aussi haut que je te porte dans mon coeur, je n’ai que l’impuissance, et quelques prières silencieuses à offrir, et je pleure avec toi, et ces larmes, j’en suis fier. Et je remercie Dieu de ce chagrin, toi, à qui de loin je me préfère, car c’est un mince prix à payer, pour l’honneur d’être ton frère. Je n’oublierai pas son nom dans mon solitaire recueillement car après tout, tu es mon frère, et elle était ta maman.

  • Karim

Image: @jpegjoff


Je mens quand je dis que j’essaie d’être, un peu plus chaque jour, une meilleure version de moi-même. Je mens quand je parle de l’intensité des rêves qui m’habitent. Je mens dès que j’ouvre la bouche ou mon ordi, même sans l’intention de mentir, de cacher des choses ou de tordre la réalité à mon avantage. La moindre phrase est un outrage à la chose qu’elle décrit. À la minute où l’on ouvre la bouche, quelque chose meurt de la vérité du souvenir qu’on va évoquer, de la personne qu’on veut décrire ou de l’idée qu’on essaie de défendre. Quand on parle, on tente. On n’arrive jamais à rien. Et quand on écrit, c’est pareil, sauf que la triche est encore plus grande, à cause du silence qui n’est jamais brisé entre celui qui écrit et l’autre qui lit. Des mots et du silence… on pourrait croire que la vérité est de la partie. La plupart du temps, je me laisse vivre. Je laisse le soin au temps de couler sur mes jours sans trop de fracas. Je suis pas un fan de l’effort, du changement et de toutes les choses qu’il faut faire pour devenir meilleur. Alors je fais comme tout le monde, je mens dans le sens de la pente pour pas être tout seul, mais au fond, je sais que j’ai même pas commencé à me battre pour vrai.


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