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  • Karim

Il restera toujours dans un coin de notre être, cet ascète qui n’en veut pas de tout ce vouloir, et des choses qu’il vous faut avoir. Ce serait même pas pour toute la vie mais pour un bout de celle-ci. Parce que même les enfants font des cabanes au printemps, qu’ils ont compris tout ce qu’il faut cacher pour que le bonheur demeure. Je me demande à quoi ça ressemble de se réveiller tous les matins avec seulement le silence qui vient de loin. Quand le bruit n’est plus qu’une petite chose qui arrive jamais exprès, et qu’on aurait presque le goût de s’excuser dès qu’on en fait. Je me demande même si les souvenirs ne reviennent pas différemment. Comme une fumée qui se dissipe vite fait, à la place de ces pensées lourdes dès le café. Je crois que tout me conviendrait de la météo que le ciel déroule. Au soleil du matin, je lui offrirais un sourire en m’étirant comme un félin. Au vent qui a des comptes à régler avec la terre, j’y reconnaîtrais ma propre violence. Devant la pluie en mur d’eau, je me donnerais le droit de la mélancolie la conscience tranquille. Un tout petit monde à moi dans le grand, un vers de mon cru dans le poème des siècles. Lent. Attentif. En indulgence avec moi-même pour se regarder en face sans juge et son procès. Respirer une bonne fois pour toute en pensant à tout le bien qu’il reste à faire, et retourner avec les autres, là où l'amour arrive, et le reste aussi.


Image: @sylvainsarrailh

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