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  • Karim

Je crois avoir passé une heure à regarder le rideau de la grande fenêtre entrouverte onduler sur la brise. Je descends les escaliers de l’hôtel qui a si bien les pieds dans l’eau que je peux y mettre les miens sans trop marcher. La mer finissait à l’horizon, mais commençait dans mon regard. Je ne me suis pas regardé dans le miroir depuis plusieurs jours. Je ne sais plus bien à quoi je ressemble, mais la douceur de l’air, je la sens très précisément. Je choisis mes vêtements au toucher. Les tissus les plus aériens ou rien. Que le moins d’étoffe possible entrave la marche des embruns comme celle du soleil sur ma peau. Les heures passent comme dans du beurre. J’en oublie de manger par moment. Je passe un temps indécent à boire des jus de fruits sûrement exotiques, à l’ombre d’un parasol que je n’ose pas déplacer, même quand son ombre ne me couvre plus. Mon âme s’est vidée les poumons à coup de profonds soupirs. Je sais que le monde continue ses violences quelque part, et qu’il n’est sans doute pas près de changer, et que tout un tas de mauvaises nouvelles attendent dans les boîtes à lettre de gens très bien. Je n’en sais que mieux ma chance, et même, je ne voudrais pas vivre éternellement sous la lenteur des palmiers. Pour les batailles, j’ai mon armure, et pour les jours sous des soleils moins pressés, j’ai ma chemise aux couleurs criardes que le moindre courant d’air amuse. Jorge Ben distille des mélodies dans mon coeur, et je comprends mieux à quel point le bonheur doit être pris au sérieux.


Image: @nathan.head

Inspiration:@charaftajer & @casablancabrand

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