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  • Karim

Les gens pensent qu’on s’élève vers la lumière mais on s’y noie. Je plonge dans le soleil, et j’ai des vagues d’abandon dans le ventre. Tout se mélange dans une danse envoûtante, un ballet de regrets et de souvenirs, et la mélodie que j’entends au loin, ça n’est qu’une seule note. Qui a besoin de toute une chanson pour s’abandonner? Pour faire chavirer son cœur, il ne faut qu’une seule note. Il y a des instants merveilleux qui flirtent avec la douleur la plus sourde et le plaisir le plus poignant. Ça fait tellement de bien qu’on en souffre. Comme un beau souvenir qui nous donne le plaisir d’avoir été et le chagrin de n’être plus. Comme le violoniste qui ne peut qu’avoir mal du beau qu’il va chercher d’un mouvement d’archer à l’autre. Comme le danseur qui cherche aux limites de son corps une idée du sublime. Le merveilleux des choses est un couteau qu’on a plaisir à remuer dans nos propres plaies. C’est le sentiment d’éternité que l’âme murmure par moment. C’est la force qu’on trouve dans les larmes pour avancer jusqu’au chagrin suivant. C’est un soupir sans tristesse. C’est le regard sans pensées, et la pensée sans jugement. C’est la douleur d’être en vie à cause de la fin qui nous guette, et la force qu’on trouve d’être fier de son propre sort.


Image: @aykutmaykut

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