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  • Karim

J’ai un petit sac en toile mauve avec de la lavande dedans que je garde près de moi et que je sniffe de temps à autre. Ça me rappelle chez moi, le sud de la France et l’odeur du marché, tous les jeudis matin. C’est un endroit qui existe par l’odeur surtout. Les melons de Cavaillon et l’envie d’y foutre la face dedans et que ça me coule dans le cou. Les Gariguettes, ces petites fraises un peu plus chères que les autres, que ça rebondit sur la langue rien qu’à dire leur nom. La charcuterie Corse qui sent bon même si j’y ai pas droit. Les croûtons avec la tapenade qu’on a honte de refuser quand le vendeur nous les tend, sachant qu’on va pas en acheter, alors du coup, on en achète pour pas avoir honte trop longtemps. C’est du marketing sur pain dur. Le stand de sacs-à-main de ma sœur qui me fait sentir comme un VIP parce que j’ai le droit de passer derrière et faire la bise à la patronne. Et puis les gens en trop grand nombre qui me poussent à partir. En cinq minutes, je suis à la terrasse du Calypso, un allongé sur la table et des pensées couchées sur l’huile de la mer toutes prêtes à me traverser l’esprit. C’est le plus grand service que je puisse rendre à mon cerveau, de créer du vide pour que tout y passe. Ma tête, c’est une autoroute pour les idées. Moins je veux et plus je suis content. Je me recolle le sac de lavande sous le nez. Sur NostalgiAir, je suis pilote, stewart, passager, bagage en soute et à cabine. Je suis les articles hors de prix à bord, les hublots sales et les enfants qui pleurent tout le long du vol. Je suis le décollage violent et l'atterrissage qu’on espère plus souple que celui de l’autre fois.


Image: @bakaarts

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