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  • Karim

Il fût un temps où je cherchais les histoires aux visages d’inconnus. Je voulais sentir l’âme des gens qui se projette dans leurs rides et le drame de leurs traits. Je crois avoir compris des choses mais aujourd’hui, c’est tout le contraire que j’appelle de mes vœux. Il me devient difficile de regarder les gens dans les yeux, et j’évite la friction de destins que les regards provoquent. C’est trop. Ça me brise, et pas forcément le cœur. Ça me dissout dans quelque chose de trop grand et que j’ai bien du mal à saisir. La sensation de perdre des morceaux de moi. L’autre est un monde dans lequel je ne veux plus aller. À vingt ans, le monde est une plaisanterie qui ne vous concerne qu’à peine. Alors le temps vous attendrit le cœur comme le boucher, la viande, à grands coups, et alors tout finit par vous toucher. Une vieille dame aux yeux tristes, on met trois jours à s’en remettre. Un film à la con peut vous noyer dans son eau de rose. Un mot gentil vous renverse le cœur à cause de l’espoir qu’il fait naître et de la solitude qu’il vous rappelle. Venir au monde est un hasard. Y demeurer en paix relève du génie. Mais vivre et voir vivre, c’est souvent presque trop.


Image: @dappermouth

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